La santé c’est avant tout garder le plaisir de manger

La santé : la nouvelle tendance

La mode du “Healthy living” vient d’arriver en France. En vogue depuis déjà plusieurs années outre-atlantique, la recherche d’une vie plus saine est devenu un véritable phénomène chez nous depuis 2015. Et comme toute nouvelle tendance pendant son heure de gloire, elle n’est pas encore vraiment critiquée. En même temps, pourquoi critiquer le fait de vouloir être en bonne santé ?!

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Assiette santé “propre”

Quand manger sain devient une obsession

Il y a maintenant 2 ans, alors que je vivotais avec mon trouble alimentaire, j’excluais de nombreuses choses de mon alimentation sous prétexte qu’elles n’étaient pas saines : viande rouge, charcuterie, plats préparés, pain blanc, beurre, sucre, etc. A l’époque j’habitais en colocation avec 2 gourmandes. Elles m’ont fait réaliser que cette recherche de perfection nutritionnelle constituait un réel obstacle à mon épanouissement social d’étudiante. J’ai acheté le livre Health Food Junkies de Steven Bratman, qui m’a fait comprendre le travail que j’avais à faire pour sortir de cette orthorexie.

Ortho quoi ?! L’orthorexie est une maladie obsessionnelle de la nourriture saine et un trouble du comportement alimentaire. Une personne orthorexique ne se nourrit pas parce qu’elle aime ce qu’elle mange mais parce que les aliments choisis sont bons pour sa santé.

Quand les médias s’y mettent

Malheureusement, avec l’arrivée de la mode du “healthy living” en France, les médias ont sauté sur l’occasion de parler de nutrition. Ils ont commencé à catégoriser les aliments : L’avocat est bon, le beurre est mauvais, le miel est bon, le sucre est mauvais, la farine de blé est mauvaise, la farine d’épeautre est bonne… Ces catégorisations sont très discutables selon le type d’alimentation suivie (paléo, végétarienne, omnivore, vegan, low-carb, low-fat, dukan, etc). Les magazines féminins sont devenus des armes infaillibles pour faire culpabiliser les lectrices d’avoir envie de se faire plaisir : en couverture “un ventre plat en 5 minutes avec cet entraînement”, en milieu de magazine : “régime détox : buvez des jus de légumes pendant 3 jours et retrouvez votre énergie” et en fin de magazine : “recette pour 2 : le gratin de Savoie au reblochon”. Je caricaturise mais en gros, c’est ça.

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La tendance “body positivity”

En commençant ma guérison de troubles alimentaires, j’ai commencé à suivre de nombreuses influenceuses étrangères prêchant la “positivité du corps”, ou “body positivity”. Ces comptes sont aujourd’hui de plus en plus nombreux aux Etats-Unis, où l’orthorexie développée par le “healthy living” de l’extrême a laissé beaucoup de victimes.

Je ne pointe pas du doigt la tendance de vouloir devenir la meilleure version de soi-même en améliorant son état de santé. Moi-même j’aime manger de façon saine et pratiquer une activité sportive régulière. Ce que je voudrais que vous réalisiez, c’est que la santé ne viendra pas en supprimant une catégorie de produits de votre alimentation. Le fait de vous priver de ce que vous aimez et de consommer d’autres ingrédients qui ne vous apportent pas vraiment de plaisir risque d’engendrer chez vous une frustration telle qu’un jour vous craquerez, et vous sentirez extrêmement coupable. Comme si c’était un crime de manger un biscuit !

Savoir s’autoriser le plaisir

La clé de la santé c’est de consommer de tout en quantités raisonnable. La santé ne concerne pas uniquement les micronutriments que vous apportez via votre alimentation, elle passe aussi par l’esprit, et comme on dit, un sprit sain dans un corps sain ! alors si vous avez envie d’un biscuit avec votre café le midi, prenez le ! Si vos amis veulent dîner dans un fast food un soir où vous sortez, suivez-les ! Vous interdire de vivre pour garder une assiette propre ne vous rendra pas heureux. Alors profitez d’avoir la possibilité de vous offrir ce dont vous avez envie tout en privilégiant les aliments naturels et riches en vitamines et minéraux. Vous n’en serez que plus épanoui 😉

 

Minnie Maud : la méthode de guérison de TCA

Le problème quand on essaye de guérir de TCA par soi-même, c’est qu’on est perdu face à ses peurs et à ses convictions maladives, et qu’on ne sait plus vraiment quel chemin nous mènera au bonheur et à la santé.

Depuis ma première volonté de guérir il y a 4 ans, je n’ai jamais trouvé le moyen d’apaiser mon angoisse face à la nourriture, de faire la paix avec moi-même, et de donner à mon corps la chance de lui faire confiance à nouveau. Cela jusqu’à la découverte de la méthode Minnie Maud !

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Les besoins du corps pendant la guérison

A mon poids le plus faible, au début de ma réalimentation, quand mon corps criait pour que je le nourrisse, je n’ai jamais accepté qu’il en ait besoin, et je lui retirais tout le fuel que je lui apportais juste après l’avoir avalé. J’angoissais de ne pas contrôler mes émotions, de ne pas contrôler mon alimentation, alors que la seule chose à comprendre était que mon corps avait en réalité BESOIN de toutes les choses grasses sur lesquelles je me jetais. C’était mon instinct de survie qui parlait, et au lieu de le laisser me guérir, je le faisais taire en me faisant vomir. J’ai repris du poids, certes, mais mon corps n’était pas réparé. Il ne pouvait pas l’être, puisque je lui retirais tout ce dont il avait besoin pour bien fonctionner. De plus, je lui ajoutais un stress contant et des contraintes violentes qui m’empêchaient de ressentir les signaux qu’il m’envoyait.

Il y a 2 ans, j’ai décidé de me reprendre en main. J’ai profité de l’été pour essayer d’être plus clémente avec moi-même. J’ai arrêté de me faire vomir, et au lieu de ça, j’ai entrepris de manger chaque jour à hauteur de 1500-1700 calories (nombre soi-disant nécessaire pour me permettre de conserver mon poids actuel, d’après internet). Cette expérience a été très enrichissante pour moi, elle m’a permis de comprendre de nombreuses choses :

– il est possible d’arrêter (ou au moins limiter) les crises de boulimie quand on suit un modèle d’alimentation structurée avec une prise toutes les 3-4 heures

– il ne faut jamais sous-estimer les gens qui nous aiment en leur cachant nos peurs et nos problèmes (j’ai expliqué mon passé d’anorexique à mon copain et me confier m’a fait un bien fou)

– 1700 calories est LOIN D’ETRE SUFFISANT pour maintenir mon poids ==> Ne pas croire les recommandations des sites internet, d’où ma décision de suivre la méthode Minnie Maud. Je m’explique :

En mangeant 1700 calories par jour, j’ai pendant deux mois été contrainte à faire une heure de sieste par jour pour tenir debout, et j’ai perdu 5kgs. Oui, vous avez bien lu. Pourtant, pour une fille de 21 ans et d’1,60m, ce chiffre ne semble pas anormalement faible. Sauf que mon corps etait en chantier. Il avait besoin de réparations et d‘énergie. J’ai enfin compris à quel point je le maltraitais.

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La méthode Minnie Maud

J’ai découvert la méthode Minnie Maud en parcourant les comptes Instagram de différentes jeunes filles en guérison (@amalielee, @freehoneybee, @freelela_). Cette méthode est détaillée sur les sites Let’s Recover et Your Eatopia (sites en anglais). Elle consiste à accepter les désirs et surtout les besoins de nos corps au cours de la guérison pour apprendre à se reconstruire en se faisant du bien. Pour cela, il est interdit de se mesurer ou de se peser, ces actions créant plus de stress qu’autre chose. Il est également conseillé de consommer :

– au moins 2500 calories par jour pour les filles de plus de 25 ans en sous poids, dont les règles sont arrêtées ou montrent des signes de malnutrition (ongles, cheveux cassants, froid/fatigue permanents,…)

– au moins 3000 calories par jour pour les filles de moins de 25 ans (ou les garçons de plus de 25 ans en sous poids, dont les règles sont arrêtées ou montrent des signes de malnutrition (ongles, cheveux cassants, froid/fatigue permanents,…)

– au moins 3500 calories par jour pour les garçons de moins de 25 ans en sous poids (ou les filles de moins de 25 ans en sous poids qui n’ont plus leurs règles, ont un enfant en bas âge ou un niveau d’activité inévitablement élevé) qui montrent des signes de malnutrition (ongles, cheveux cassants, froid/fatigue permanents,…)

Durant les premiers jours, je vous assure que c’est dur. Dur de ne pas paniquer après avoir avalé une demi tablette de chocolat. Dur d’aller au restaurant, de commander un plat gras alors qu’on n’a pas osé le faire depuis trois ans, et de finir son assiette parce qu’on a faim. Dur de supporter la sensation d’être enceinte parce que le corps n’est plus habitué à digérer autant de nourriture. Mais vous savez quoi ? Ça fait du bien de s’écouter un peu, et même si des dérapages seront forcément au rendez-vous, je ne regrette pas d’avoir fait confiance à cette méthode !

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